La musique gratuite n'existe pas. La question est de savoir qui la finance.

La musique, une pratique culturelle universelle

Nous passons en moyenne 20,7 heures par semaine à écouter de la musique¹. C’est plus que le temps consacré à regarder des séries, à lire ou à faire du sport. La musique nous accompagne partout : dans les trajets quotidiens, au travail, le soir, le matin. Elle accompagne les moments qui comptent et ceux que l’on oublie dès le lendemain. Aujourd’hui, 73 % des internautes dans le monde écoutent de la musique via des services de streaming². C’est une pratique massive, quasi universelle. Et pourtant, une question simple est rarement posée : quelle est sa valeur, et qui finance son existence ?

Comment le streaming a transformé notre rapport à la valeur

Pendant longtemps, écouter de la musique avait un coût concret. On achetait un disque, une cassette, un CD. Chaque achat était un acte délibéré : on choisissait un album, on le payait, et il nous appartenait. La valeur de la musique était tangible, elle était littéralement entre nos mains.

La technologie numérique a changé la donne, d’abord par le biais du piratage, qui a profondément affaibli l’industrie musicale dans les années 2000. Le téléchargement payant à l'unité a réintroduit l'achat légal de musique en ligne. Le streaming a ensuite entraîné un changement d’échelle : un accès légal et instantané à des millions de titres, souvent gratuitement. Ce dernier a joué un rôle majeur dans la transformation du marché. Il a ramené des millions d’auditeurs vers l’écoute légale et a démocratisé l’accès à la musique à une échelle sans précédent. Aujourd’hui, on compte 837 millions d’abonnés payants à des services de musique dans le monde², preuve que le streaming a su convaincre. Mais une grande partie de cette écoute reste gratuite.

Le streaming a également instauré un concept plus durable : celui de la musique disponible à la demande, dont le coût réel devient presque imperceptible. L’accès illimité est devenu la norme. Aujourd’hui, 73 % des internautes écoutent de la musique en streaming, mais seulement 9 à 10 % de la population mondiale disposent d’un abonnement payant³. La musique est partout. La question est de savoir combien elle coûte, et pour qui, mais aussi combien elle rapporte, et à qui.

Ce que rapporte réellement chaque écoute

Derrière chaque morceau se trouvent des artistes, des musiciens, des producteurs, des ingénieurs du son et des équipes qui consacrent du temps, du travail et des ressources à sa création. La musique semble immatérielle lorsqu’elle parvient à nos écouteurs. Sa création, elle, ne l’est pas.

Pour comprendre comment cela se passe concrètement, il faut examiner le fonctionnement du modèle. Les plateformes de streaming reversent environ 70 % de leurs recettes aux labels et aux éditeurs, qui les redistribuent ensuite aux artistes conformément à leurs contrats. Ce que la plateforme génère par auditeur détermine donc directement ce que perçoivent les créateurs et créatrices en bout de chaîne.

Pourtant, la contribution de chaque auditeur à une plateforme varie considérablement selon le modèle. Sur une plateforme combinant comptes gratuits et abonnements payants, ce revenu par auditeur s’élève en moyenne à 18,35 euros par an⁴. Sur une plateforme exclusivement payante, sans compte gratuit pour diluer ce chiffre, il atteint 129,30 euros⁵, soit 6,5 fois plus. Cet écart n’est pas le résultat de meilleures performances commerciales, mais la conséquence directe d’un choix de modèle : lorsque chaque utilisateur contribue financièrement, chaque écoute génère davantage de valeur.

Concrètement, 1 000 écoutes sur une plateforme premium payante représentent en moyenne 18,02 euros reversés aux artistes et aux ayants droit. Une différence qui contribue à renforcer les revenus de l'ensemble de l'écosystème musical.

Il existe d’ailleurs un modèle encore plus direct, qui existait déjà avant l’avènement du streaming : l'achat à la carte. Lorsqu’un album est acheté sous forme de téléchargement, les recettes ne sont pas mutualisées sur l'ensemble des écoutes du marché. Elles sont directement liées à cette œuvre spécifique et à cet artiste. Le streaming et l’achat ne s'opposent pas mutuellement. L’un favorise la découverte, l’autre traduit un soutien direct.

Payer n'est pas un sacrifice, mais un choix

La musique occupe une place singulière dans nos vies. Elle accompagne nos souvenirs, marque les époques, rassemble des personnes qui ne se connaissent pas. Le modèle choisi pour l'écouter n'est pas un détail anodin. Il a des conséquences concrètes pour les artistes, les producteurs, les ingénieurs du son et la diversité musicale. Payer pour écouter de la musique n'est pas un sacrifice. C'est reconnaître qu'elle a une valeur, et que cette valeur mérite d'être soutenue. 

La musique nous accompagne au quotidien. La question n’est peut-être pas de savoir si elle a de la valeur, mais si nous en tenons compte.

Derrière chaque service de streaming, il y a un choix. Et ce choix pèse concrètement sur la manière dont la musique sera financée, produite et découverte demain. Qobuz a fait le sien dès sa création en 2007 : un modèle exclusivement payant, sans publicité, conçu pour que la valeur de la musique profite véritablement à celles et ceux qui la créent.

¹ IFPI – Engaging with Music, 2023
² IFPI – Global Music Report, 2026
³ IFPI 2025 / Statista 2025
⁴ IFPI 2026, chiffres marché 2025 
⁵ Données Qobuz, exercice 2025 – taux de reversement vérifié par une société indépendante
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